Politique scientifique

Les 5 pôles thématiques du CHERPA


1. SAVOIRS ET INGÉNIERIE DE GOUVERNEMENT
Participation, représentation et professionnalisation politiques
responsable : Magali Nonjon, MCF en science politique

Ce pôle a pour principale ambition d'analyser les transformations des instruments et des savoirs de gouvernement. Aussi, les activités et travaux rattachés à ce pôle sont attentifs à saisir les circulations des savoirs et ingénieries de gouvernement, tant verticalement (de l'international vers le national ou le local) qu’horizontalement (entre territoires, entre institutions appartenant au même réseau). L'accent est mis sur l'étude des politiques participatives, des politiques urbaines, de la sécurisation des enjeux sociétaux et plus largement de ce qu'on pourrait appeler le « gouvernement des villes » sous son double aspect de négociation permanente de l'action publique (et de la distribution des ressources) mais aussi du travail d'encadrement électoral et politique. Quatre grandes matrices d'interrogation guident le travail des membres : l'analyse des nouveaux ressorts de la légitimité politique et de la décision publique, l'analyse de la production, de la diffusion et de la circulation des savoirs experts de gouvernement, l'étude de la professionnalisation du travail politique et du travail de gouvernement, l'analyse de la construction d'un idéal de bon gouvernement. L'équipe de ce pôle est également engagée dans la production d'un « Baromètre des valeurs et des représentations du territoire » conçu comme un instrument de mesure et de suivi des représentations subjectives autour des valeurs fondatrices du vivre-ensemble (égalité, opportunités concrètes, visions de l’avenir, justice, qualité de vie, appréhension des changements) en PACA.

Mots clés : savoirs de gouvernement / professionnalisation du travail politique / gouvernabilité des villes et des territoires / marchés de l'expertise

 


2. MOBILISATIONS, EXPERTISES ET PROCESSUS POLITIQUES
Responsable Christophe TRAÏNI, Professeur des Universités en science politique

L’originalité de la perspective de ce pôle de recherche consiste à interroger les modes d’articulation entre ces deux régimes de coordination de l’action collective que constituent la mise à l’épreuve des émotions et la formalisation d’expertise. Dans cette optique, il s’applique à croiser deux domaines d’études habituellement distincts : d’une part l’étude de l’action collective, des mobilisations, des mouvements sociaux ; d’autre part celle de l’action publique, de la fabrique des politiques publiques et des modes de gouvernance. Afin de mieux évaluer l’importance toujours relative des émotions dans la coordination de l’action collective, ce programme compare de manière systématique des cas et des terrains délibérément contrastés : protestations morales, politisation des controverses scientifiques, conflits mémoriels, territorialisation des mobilisations, gestion policière des manifestations, dispositifs de la démocratie participative, juridicisation et judiciarisation des contestations…

Mots clés : mobilisation / émotion / expertise / engagement militant / territorialisation / violence politique / politiques participatives / action publique


3. GOUVERNER LA RELIGION
Responsable Franck FREGOSI, Professeur des Universités en science politique

Le pôle « Gouverner la religion » a pour ambition d’étudier les transformations des rapports religion/politique à l’aune des processus et des dispositifs (institutionnels, législatifs, pratiques) visant à gouverner, encadrer et contrôler l’expression et la diffusion de la religion (de l’islam) notamment dans le bassin euro-méditerranéen ainsi qu’au Pakistan et en Indonésie. Le programme thématique « La religion, une affaire d’État(s) ! » cadre thématique transversal consiste à questionner le champ religieux en tant que domaine concerné par certaines décisions et politiques publiques où l’intervention de la puissance publique interfère avec l’espace du religieux en déployant ses politiques sectorielles traditionnelles (sécurité, migrations, politique de la ville, politique étrangère, éducation…). Mais il s’agit aussi d’étudier l’intervention déterminée de la puissance publique dans l’espace du religieux sous sa dimension de secteur singulier, et parfois politiquement stratégique, d’élaboration de politiques publiques ciblées (notamment à destination de groupes religieux minoritaires). Les initiatives gouvernementales et les propositions politiques qui ont fait suite aux attaques terroristes perpétrées contre la France depuis janvier 2015 donnent une illustration récente de la prégnance actuelle des problématiques religieuses dans le débat public (valorisation du dialogue interreligieux, relance de l’organisation de l’islam, controverses autour du salafisme…), mais aussi dans les entreprises politiques de cadrage et de mise à l’agenda de l’action publique (implication des opérateurs religieux musulmans dans la production de contre discours, politique de création de postes d’aumôniers musulmans dans les prisons, création de formation sur la laïcité, fermeture administrative de mosquées dites radicales…). Les recherches menées au sein du pôle 3 s’attachent à démontrer que la mise en œuvre de politiques publiques du religieux, tant au nord qu’au sud du bassin méditerranéen et en Asie relèvent de logiques convergentes telles que la persistance de dynamiques strictement sécuritaires, la construction de partenariats étroits entre opérateurs publics et opérateurs privés, des logiques de sécurisation religieuse sous la forme de promotion de versions réputées « mesurées » de l’islam susceptibles d’être soutenues par les pouvoirs publics, ainsi que le repérage de nombreuses interactions ou interfaces entre l’univers académique et l’élaboration de politiques étatiques au croisement des politiques sécuritaires et de politiques ciblant directement le champ religieux. Les chercheurs impliqués dans ce pôle étudient comment l’action de l’État tend à se déployer à travers 4 registres principaux : la gestion et/ou la surveillance des lieux de culte, la formation des clercs et l’élaboration de façon plus ou moins explicite d’un référentiel qui construit l’orthodoxie autour du principe de modération (islam dit du juste milieu, islam libéral, soufisme d’État…), enfin l’articulation entre droit étatique séculier et législation religieuse.

Mots clés : gouvernance du religieux/dispositif public/rapports état religion/orthodoxies d’état/processus de contre radicalisation

 

4. ÉCONOMIE ET FINANCES INTERNATIONALES
Responsable Céline GIMET, Professeur des Universités en économie

Le pôle « Économie et finance internationales » est divisé en 2 programmes de recherche principaux auxquels sont associées 2 grandes thématiques : Le programme Finance internationale et le programme Économie internationale. Même si chacun des programmes est doté de projets spécifiques, la problématique de la gouvernance régionale est une question commune. Plus particulièrement, il s’agit de considérer à la fois les interdépendances financières, réelles et environnementales au sein d’une même zone géographique économiquement intégrée. D’une part, la question de l’impact des politiques monétaires et des régimes de change sur les cycles financiers régionaux et d’autre part, le processus de relocalisation des activités productives et de valorisation de la demande interne aux pays et aux régions sont des phénomènes nouveaux dans un monde globalisé. L’idée est donc de se concentrer sur l’analyse de ces nouvelles tendances et leurs conséquences en mobilisant les outils méthodologiques appropriés permettant ainsi de proposer des recommandations de politiques économiques. Cela suppose de décloisonner les champs disciplinaires, l’approche géographique et environnementale étant traitée de manière indépendante des problématiques inhérentes à l’intégration des marchés financiers dans la littérature et de mettre en commun les outils méthodologiques propres à chaque niveau d’analyse afin de proposer une démarche originale, spécifique à ce pôle.

Mots clés : Commerce international/crises financières/économie environnementale/économie régionale/gouvernance financière internationale/unions monétaires

5. ARMÉES, CONFLITS ARMÉS, SITUATIONS COLONIALES ET POST-COLONIALES
Responsable Walter BRUYERE-OSTELLS, Professeur des Universités en histoire

Ce pôle a pour principal objectif de contribuer à une analyse historique des conflits armés et des situations (post)coloniales. Le champ de la réflexion sur la guerre s’élargit ainsi aux contextes de violence et aux situations extraordinaires. L’accent sera particulièrement mis sur les adaptations des armées par une série de questionnements liés à la projection de forces. Au plus près du terrain, une approche sociale et politique du combattant (et des acteurs associés) s’attachera à l’examen des trajectoires autant individuelles que collectives (en privilégiant l’étude d’acteurs intermédiaires), ainsi qu’aux modalités d’élaboration, de circulation et de réception des pratiques et des savoirs en relation avec le métier des armes et ses conditions d’exercice. Il s’agira encore de voir comment la projection de forces armées outre-mer ou dans des entreprises de contrôle de territoires outre-mer conduit à l’élaboration de pratiques d’administration dans lesquelles les officiers et troupes d’occupation occupent une place souvent prépondérante et sont appelés à modifier leurs attributions.

Mots clés : conflits/armées/violence/situations extraordinaires/empires

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