Nos questions à l’équipe du film “Aux Grands Yeux”

Dans le cadre de la saison culturelle 2021-2022, des étudiants et personnels de l’École ont réalisé un court-métrage aux côtés du réalisateur Régis Sauder, artiste associé de Sciences Po Aix cette année-là. Ils reviennent sur l’élaboration et la réalisation de ce projet.

À Régis Sauder, Lena Birkhold, Carmine Onetto Eguiluz, Cyrielle Faure : En quelques mots, pouvez-vous vous présenter / votre parcours ? Quels sont votre (vos) rôle(s) dans ce projet ?

Régis : Je suis cinéaste et j’ai été artiste associé à Sciences Po Aix sur l’année 2021/22, à l’invitation de Roxana. Une année chargée puisque j’ai accompagné la sortie de mes deux derniers films, l’un en septembre 2021 J’ai aimé vivre là et l’autre en mars 2022 En nous. J’ai proposé aux participants de cet atelier la réalisation d’un court métrage collectif, depuis son écriture jusqu’à sa finalisation. C’était un désir commun de pouvoir aboutir un film ensemble.

Cyrielle : Très rapidement, j’ai étudié à l’École des beaux-arts de Rennes ; j’ai réalisé un premier documentaire avant de venir à Marseille où je vis et travaille depuis 10 ans, en tant que monteuse et auteure-réalisatrice. Je travaille principalement sur des films d’auteur, parfois pour des commandes en lien avec l’université, et je propose également des ateliers de montage. Dans le cadre de l’atelier à Sciences Po Aix, je suis intervenue en tant que monteuse.

Carmine : Bonjour ! Je m’appelle Carmine, j’ai 24 ans et j’ai eu un parcours de vie un peu sinueux. Je suis née en Argentine, où j’ai vécu les 8 premières années de ma vie. Avant d’arriver en France métropolitaine j’ai surmonté, aux côtés de ma famille, quelques péripéties dans les Antilles françaises. Depuis, je suis très bien intégrée en France qui est devenu comme mon pays.  Quant à l’idée de faire un court-métrage sur le thème du voyage, de l’immigration, j’ai tout de suite compris que j’avais quelque chose de personnel, d’unique à apporter ! En ce qui me concerne, j’ai beaucoup participé à l’élaboration du scénario, pendant le tournage j’étais principalement à l’image.

Lena : Je fais partie de l’équipe administrative des Relations Internationales à Sciences Po Aix. J’ai découvert ma passion pour le cinéma dans mes précédents postes dans le milieu culturel à Marseille. Dans le passé, j’ai travaillé pour un festival de film et pour la production de films documentaires. Quand j’ai entendu parler de l’atelier de cinéma proposé par Sciences Po Aix, j’ai tout de suite eu envie de participer pour approfondir mes connaissances.


Journée de tournage à Marseille.

À Lena Birkhold : Pouvez-vous nous donner dans les grandes lignes, les étapes du projet et nous parler de celle qui vous a le plus intéressée ? 

De mon point de vue, il y a eu quatre étapes dans la création du film : lors des trois premières séances, nous avons cherché un thème qui nous intéressait tous et pour lequel nous étions tous enthousiastes. Cela représentait bien sûr un défi, car nous étions très libres quant au format du film (durée, fiction ou documentaire, thème, lieu, etc.). Toutefois les discussions ont été très constructives et enrichissantes.
Ensuite, tous les participants et Régis Sauder se sont retrouvés pour une journée à Aix afin d’élaborer ensemble le scénario du film. Le point culminant pour moi a été la troisième étape, le week-end où nous avons tourné à Marseille. Pendant deux jours, nous nous sommes promenés dans les ruelles de la ville et c’était formidable de jeter un regard nouveau et rafraîchissant, d’un point de vue cinématographique, sur ma ville de cœur dans laquelle je vis depuis sept ans. Ce qui était passionnant pour nous tous, c’était d’apprendre à utiliser une caméra et un équipement sonore professionnel et de travailler tous ensemble comme équipe de tournage.
Lors de la dernière étape, nous avons collaboré avec Cyrielle Faure sur le montage du film et elle nous a donné un aperçu très précieux du travail du montage.


Journée de tournage à Marseille.

À Régis Sauder : Que souhaitiez-vous apporter aux personnes qui se sont lancées dans cette aventure ? Pourquoi avoir choisi Marseille comme lieu central du film ? Tourner le film dans un style naturaliste était-il une évidence pour vous, pourquoi ce choix ?

J’ai pensé que la réalisation d’un film qui est un travail de groupe était la meilleure façon d’aborder le cinéma, puisqu’il allait falloir dans un temps réduit se poser toutes les questions qui le traverse. Quelle histoire je veux raconter, où, par qui et avec quelle grammaire visuelle. L’écriture commune a mis en avant un désir d’un récit polyphonique en plusieurs langues, et Marseille s’est imposée comme décor, ville d’accueil où ces voix pouvaient s’incarner dans la rencontre de ces trois cultures, ces trois jeunes femmes, ces trois langues. La dimension naturaliste, fruit du tournage et des choix de mise en scène, des personnages qui sont toutes des jeunes femmes du groupe, donc pas des comédiennes, rend le film très réel, ça n’est pas du documentaire, mais on est dans une écriture hybride finalement entre fiction et cinéma du réel. Je crois que le film contient des récits proches de celles et ceux qui les ont imaginés.


Journée de tournage à Marseille.

À Carmine Onetto Eguiluz : Vous étiez impliquée dans l’équipe projet mais aussi comme actrice dans le film. Pouvez-vous nous raconter l’expérience d’être à la fois derrière et devant la caméra ?

C’était la première fois que je passais devant la caméra. C’était particulier parce que j’étais également à l’image, je courais un peu partout, c’était très amusant mais aussi frustrant à la fois pour la freak control que je suis, il a fallu que j’accepte de lâcher les manettes pour un temps. Si j’ai apprécié cette expérience, j’en retiens une nette préférence pour le poste derrière la caméra !


Journée de tournage à Marseille.

À Cyrielle Faure : Vous êtes monteuse. Pouvez-vous nous expliquer comment vous travaillez sur ce type de projet ? Avez-vous envisagé un autre montage que celui qui a été gardé, ou ce projet était celui prévu dès le départ ?

Ce type de projet a la particularité de réunir plusieurs voix à la réalisation. Celle de l’intervenant, Régis Sauder, et celles des étudiant·e·s participant à l’atelier. Nous avions convenu de deux séances de travail avec les étudiant·e·s, très préparées en amont. J’ai d’abord récupéré les images et les sons pour m’atteler à un dérushage complet, de mon côté, ce qui m’a permis de dégager des premières impressions et propositions, en m’appuyant sur le scénario écrit. Nous en avons discuté avec Régis afin d’accorder nos violons puis j’ai rencontré les étudiant·e·s. Une petite dizaine était présente, qui découvrait les images du tournage pour la première fois, avec de bonnes surprises, et de moins bonnes. Nous avons convenu ensemble d’une sélection des prises et du mouvement à donner au film. J’ai assemblé une première maquette que je leur ai soumise lors d’une seconde séance, toujours en échangeant parallèlement avec Régis. Comme la première fois nous étions dans une salle de cours bien équipée dans laquelle je pouvais brancher mon matériel, ce qui permettait d’agir en direct sur le montage pour tester les idées. J’ai présenté les points qui bloquaient, ce qui fonctionnait, et nous avons choisi ensemble les solutions qui nous semblaient les plus justes pour le film. Les dernières étapes se sont déroulées à distance (choix de la musique, traductions et sous-titres, dernières coupes…), jusqu’à la production du master.


Journée de tournage à Marseille.

6. À Carmine Onetto Eguiluz : Vous étiez en Master 1 Politique culturelle et mécénat à Sciences Po Aix. Comment cette expérience s’imbrique-t-elle dans votre projet d’études et dans votre projet professionnel ?

Mon choix du Master 1 Politiques Culturelles et Mécénat de Sciences Po Aix a été motivé par une appétence de longue date pour le secteur du cinéma, de la production et de la réalisation plus particulièrement. Cela ne pouvait pas mieux tomber que l’artiste associé à la saison culturelle 2021 de Sciences Po, soit un réalisateur, Régis Sauder. J’ai saisi l’opportunité sans douter, et je ne le regrette pas. Aujourd’hui je suis en Master 2 Digital, Médias et Cinéma à Panthéon-Sorbonne, plus sûre que jamais que c’est dans cette voie que je veux continuer. 


Journée de tournage à Marseille.

 

7. À Lena Birkhold : Le film est maintenant fini. Quel est votre ressenti après la fin de ce travail ? Que diriez-vous aux futurs étudiants et personnels pour leur donner envie de prendre part aux ateliers ou projets de la saison culturelle à venir ?

Quand je regarde le film aujourd’hui, je me remémore les différents moments de sa réalisation ce qui donne un sentiment très plaisant. Travailler ensemble pendant un an sur un projet est très enrichissant et je ne peux que le recommander à tous les étudiants et collègues.


Journée de tournage à Marseille.