Il est d’usage de dire que les murs ont des oreilles. A voir le minutieux travail de recherche mené par Xavier Crettiez, Pierre Piazza, Pascal Pagnère et Hélène Bussière, chercheurs et professeurs de sciences politiques, on pourrait également ajouter qu’en certaines circonstances, ils peuvent aussi avoir une bouche. Ces « murs rebelles » qui, des côtes baignées du soleil de la Corse aux brumes épaisses de l’Irlande du Nord et du Pays basque, sont érigés comme des marqueurs de leur temps, ont de quoi surprendre.

Ces murs « très bavards » comme les définit Xavier Crettiez, professeur des Universités à l’Université de Versailles Saint-Quentin et à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, ne sont pas ici à appréhender comme des œuvres de « street art » mais bien comme des témoins de la réalité contestataire identitaire de ces trois régions européennes emblématiques de ces conflits indépendantistes.

Après avoir installé, ce lundi, cette exposition iconoclaste dans le patio de Sciences-Po Aix, Xaviez Crettiez et Pierre Piazza, entourés de Christophe Traini, professeur des Universités, IEP d’Aix-en-Provence, d’Alix Philippon, Maître de conférences, IEP d’Aix-en-Provence, de Justine Vaslin, doctorante de l’IEP de Lyon, Ater IEP d’Aix-en-Provence, et de Khalila Coeffic, doctorante de l’IEP d’Aix, donneront une conférence sur cette thématique, mardi 16 septembre, de 18h15 à 20h, dans l’amphi Bruno Etienne de l’établissement aixois.

Devant ces murs tagués au nom du FLNC, de l’ETA ou de l’IRA, ces spécialistes auront à cœur de décrypter les messages politiques qu’ils diffusent au travers des signes, des sigles, dessins et autres représentations qui les ornent. Des messages, parfois d’une extrême violence, pourtant ancrés dans le quotidien des habitants de ces régions, dont on arrive à penser qu’ils ne les voient pas plus qu’ils ne les entendent désormais.

« Murs rebelles : images et mouvements politiques », mardi 16 septembre, 18h15-20h, amphi Bruno Etienne, Sciences-Po Aix.